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Edito.
COMMENT ET POURQUOI TRAVAILLER AVEC LES FAMILLES ?
Chaque être humain a été engendré : Virginia Satir disait nous avons tous un nombril.
Aucun être humain ne grandit en dehors d’un environnement humain.
Nous sommes des êtres sociaux et même s’il existe quelques exemples d’« enfants sauvages » ce ne sont que quelques exceptions sur plusieurs milliards. Les systèmes familiaux qui prennent diverses formes dans le monde et les systèmes de parenté, aux formes également variées dans le monde (cf. travaux de Françoise Héritier par exemple) constituent la trame au sein de laquelle les êtres humains grandissent.

Les systèmes familiaux s’ajustent à des réalités sociales et environnementales excessivement complexes et parfois leurs capacités d’ajustement créatif ne suffisent pas à maintenir ou favoriser un développement optimal.

Peu de parents dans ce monde veulent à tout prix nuire à leurs enfants, pour la plupart, l’avenir et la sécurité de leurs enfants est une source de motivation très puissante. Face aux épreuves de la vie ce creuset familial se mobilise pour les siens, parfois au-delà de la communauté familiale ou des réseaux de parenté. Le couple en Occident est une entité caractéristique et c’est le plus souvent à celui-ci, s’il engendre, d’assurer les fonctions parentales, y compris au-delà des séparations éventuelles ou des recompositions. La famille nucléaire est quasiment un archétype, mais les familles dites monoparentales ou recomposées sont nombreuses. Elles doivent assurer les fonctions parentales.

Parfois face à la complexité des difficultés émergent, se cristallisent ou s’amplifient. Les conditions d’un attachement sécurisé ou d’un développement le meilleur possible ne sont plus réunies, des manifestations symptomatiques peuvent surgir comme messagères de difficultés de fonctionnement familial, celles-ci peuvent passer d’une génération à l’autre.

Parfois ce sont des handicaps ou des maladies somatiques ou mentales graves qui viennent oblitérer le développement et impacter l’ensemble du système, le soumettre à des stress supérieurs à ses capacités adaptatives et générer des dysfonctionnements. On pense aux addictions mais aussi aux problématiques du vieillissement.

Les familles s’étendent sur plusieurs générations et cycles de vie. Mais on dirait que face aux problématiques individuelles (ou plutôt manifestées par un individu) nos institutions ont pris l’habitude de prendre en charge principalement, voir exclusivement l’individu, parfois en excluant la parenté.

D’autres fois ce mécanisme vient renforcer des processus d’abandon ou d’exclusion familiale qui pourraient dans certains cas être atténués voire corrigés. Dans certains systèmes familiaux il ne fait pas si bon vivre et la sécurité n’est pas ou n’est plus assurée ; des instances de mises à l’abri se sont constituées. Mais les conditions de la préparation du retour dans un système parental ou fraternel qui aurait suffisamment évolué ne sont pas toujours réunies.

Le législateur incite, oblige à prendre en considération cet environnement familial, mais parfois de façon très formelle et minimaliste. Le projet des thérapies familiales et des interventions systémiques est de donner des outils d’interventions pour le travail éducatif scolaire, psychiatrique ou social auprès des familles et de leur environnement pour favoriser ou si nécessaire recréer ou créer quand c’est possible les conditions favorables à la reprise du développement , de la sécurité ou encore , recréer ou créer les conditions pour les parents ou les proches qui se retrouvent en positions ‘aider d’avoir le soutien pour le faire ou se reposer .

Les pratiques systémiques s’étendent bien au-delà des pratiques de thérapies familiales, notre ambition est de favoriser par le biais de plusieurs interventions et formations un tour d’horizon qui permettra d’éclairer « pourquoi et comment travailler avec les familles.

Au programme cette année 3 journées d'études : ICI

Jean François Croissant, Directeur pédagogique de Pegase-Processus.

Catalogue de formation 2018-2019