VIOLENCE CONJUGALE : impacts directs et indirects sur les enfants victimes

Formations par champs d'application
Formateur : André PRONOVOST Patricia CONNELLY

Depuis quelques années, nous disposons de données empiriques qui nous permettent de prendre connaissance de l’ampleur de la problématique de la violence conjugale et familiale. Depuis les années 2000, plusieurs enquêtes nationales ont tenté de dresser un bilan statistique des violences conjugales en France.

  • En France, en moyenne, 2 enfants meurent chaque jour des suites de violences domestiques.
  • Une femme meurt tous les trois jours des suites de violences domestiques.
  • Un homme meurt tous les treize jours des suites de violences domestiques. Dans plus de la moitié des cas, la femme auteur de l'acte subissait des violences de sa part.
  • 13% de toutes les morts violentes recensées en France et dans lesquelles l'auteur a été identifié ont eu lieu dans le cadre du couple.
  • 41% des crimes conjugaux sont liés à la séparation (commission par des « ex » ou séparation en cours).
  • 23% des auteurs d’homicides se sont suicidés après leur acte (97% d’hommes).

À L’issue de cette formation les intervenants seront en mesure de :

  • Partager une définition commune de la violence conjugale et familiale;
  • Avoir une meilleure compréhension de la dynamique des auteurs de violence conjugale;
  • Reconnaître les différents symptômes des enfants témoins de violence conjugale selon leur stade de développement (indices de dépistage);
  • Reconnaître les différents symptômes présents chez les femmes victimes de violence conjugale;
  • Pouvoir repérer les facteurs de risques et les facteurs de protection des   victimes de violence conjugale (enfants et adultes);
  • Prioriser les objectifs en vue de l’établissement d’un plan d’intervention visant les différents membres de la famille;
  • Savoir comment présenter le suivi de l’enfant aux autres membres du système familial afin de minimiser les résistances au changement :
    • Impact du dévoilement du symptôme de la violence dans la famille
    • Offre de services d’aide aux différents membres de la famille
    • Suivi individuel versus suivi de groupe

Troubles affectifs et comportementaux
Les enfants vivants dans une famille où il y a de la violence auraient un taux de prévalence de 10 à 17 fois supérieur à développer des troubles affectifs ou comportementaux que les enfants vivants dans un foyer non violent (Jaffe, Wolfe et Wilson, 1990). Les troubles affectifs peuvent se présenter sous différentes formes: dépression, anxiété, refus de fréquenter l’école, retrait des interactions sociales et difficulté à se séparer de leur mère (Sudermann et Jaffe, 1997). Les troubles comportementaux se traduisent souvent par des actes d’agression contre les pairs, les enseignants et les autres membres de la famille. Ces troubles extériorisés se retrouveraient plus souvent (mais non exclusivement) chez les garçons (Kerig et al. 1998). Les résultats scolaires et le développement social de ces enfants sont souvent compromis (Moore et Pepler, 1989).

Problèmes de santé physique et de croissance
Les enfants exposés à la violence familiale présentent également un plus grand nombre de problèmes de santé physique que les enfants qui ne sont pas exposés à cette violence. Ces enfants sont plus nombreux à souffrir de retards de croissance, de problèmes visuels ou auditifs, de déficits au plan du langage, d’allergies, d’affections cutanées, de maux de tête et de troubles alimentaires. Ils sont également plus souvent que les autres enfants, victimes d’incidents qui restreignent leurs activités normales (Fortin, A., Trabelsi M. et Dupuis, F. 2002)

Symptômes de stress post-traumatique
Les symptômes reliés à un état de stress post-traumatique peuvent surgir suite à un incident critique majeur (ESTP type 1) ou à une exposition répétée à des traumatismes de moindre intensité (ESPT type 2). Ces symptômes peuvent prendre la forme de peurs injustifiées, de manifestations d’anxiété, de difficultés à se concentrer, de souvenirs importuns des actes de violence, d’explosions de colère et d’hyperactivité (Lehmann, 1997).

L’intervention auprès des enfants victimes ou témoins de violence familiale a une double fonction. Dans un premier temps, il s’agit de procurer à ces enfants  un lieu sécuritaire où ils peuvent interagir (par la parole ou par le jeu) et exprimer leur ressenti associé à la violence familiale. S’ils réussissent à créer un lien de confiance avec ces enfants, les intervenants peuvent les inciter à remettre en question l’utilisation de la violence comme moyen de résolution de conflit.

Dans un deuxième temps, l’intervention auprès de ces enfants peut contribuer à la diminution de la transmission intergénérationnelle de la violence familiale.

Afin d’intervenir adéquatement auprès des enfants, il nous apparaît primordial de comprendre le contexte dans lequel se développe cette violence. Ainsi, une meilleure connaissance des enjeux relationnels présents dans les familles à transactions violentes permettra aux intervenants de mieux cibler les objectifs et les moyens d’intervention à préconiser.  

  • Apport de contenu théorique 
    • Support visuel Power point
    • Document de formation
  • Travail en sous-groupes à partir d’études de cas
  • Jeux de rôles où les participants peuvent expérimenter la position d’intervenant et celle du client
  • Présentation de matériel audio-visuel
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Public

Tout professionnel mandaté pour construire avec des familles un processus de changement bénéfique.

Calendrier

Durée

3 journées intensives (24h)

Dates

4, 5, 6 avril 2018

Lieu

Rennes (35)

Tarifs

670 €/personne TTC